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1998 - maman à 22 ans

Dernière mise à jour : 19 août

Cette photo date du 20.07.1998, le jour où je suis devenue maman. J’avais 22 ans. J’étais étudiante à Lausanne, ou du moins ancienne étudiante, puisque mon temps serait dorénavant consacré à mon bébé. Et j’ai accouché sans la présence du papa. Il est arrivé quelques jours après la naissance. Son absence à l’arrivée de son enfant était le signe d’une vie pour mon fils sans son père. La veille vers 21h, j’ai perdu les eaux chez mes parents. A 22h, j’étais à la clinique et savais que je devrais y rester. Ma mère m’y a accompagnée et m’a amené des affaires lorsqu’on a su que je devais rester. J’ai passé la nuit seule. Quand je dis seule, c’est accompagnée de la seule présence de mon enfant dans mon ventre et des contractions de mon utérus. Lorsque je sonnais par désespoir pour demander de l’aide, je ne recevais en retour que des suppositoires anti-douleur et des piqûres de morphine. A aucun moment la sage-femme n’est restée près de moi, m’a réconfortée par sa chaleur, ses mots ou tout autre geste d’affection qui aurait pu m’aider à surfer sur les vagues et gérer l’intensité des contractions. Vers 6h du matin, n’en pouvant plus de solitude, j’ai demandé la péridurale. Mon père, qui allait travailler, m’a rendu visite. Puis m’a mère a pris la relève et est restée avec moi pour assister à l’accueil de son premier petit-enfant. J’étais très heureuse. Je ressentais la responsabilité de m’occuper de mon enfant, mais pas encore l’Amour dont on parle tant. Heureusement, j’ai eu la chance d’avoir ma mère à mes côtés pour l’expulsion. Mais j’ai affreusement manqué de présence lors des phases les plus déterminantes. Lorsque je suis devenue doula, j’ai pensé à toutes ces mamans qui enfantaient seules. Plus aucune maman ne devrait vivre cette expérience sans présence rassurante. Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à contacter une doula de l’association www.doula.ch. Nous travaillons en réseau avec d’autres associations comme SOS Futures Mamans afin que la méconnaissance et l’argent ne soient plus un frein à un accompagnement, à de la chaleur humaine. Je suis là pour toi !

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